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A 30 ans, Élodie Dufour a un parcours des plus inattendus : étudiante aux Beaux-Arts, créatrice de desserts dans un restaurant d’Avignon, voyageuse et artisane chocolatière…

Comment passe-t’on de la restauration de tableaux anciens à la chocolaterie ?

Restaurer des peintures c’est vivre dans un environnement de produits chimiques.  Je trouvais ça trop toxique. J’avais envie de voyager mais pas l’argent pour le faire alors j’ai trouvé du travail, au restaurant L’Épicerie à Avignon. Le chef préférait préparer le salé et moi j’ai toujours aimé faire des gâteaux. Il m’a rapidement laissé carte blanche pour les desserts. J’ai pu financer mes voyages comme ça, en travaillant pendant la saison.

La pâtisserie c’est précision et technique. On peut aimer faire des gâteaux mais comment devient-on pâtissière ?

Pour en faire mon métier, je devais passer par l’apprentissage. En 2010 je me suis inscrite au CAP de pâtisserie en candidate libre. Et je suis partie pour Bali. Dans mon sac à dos,  il y avait ph10, le livre de Pierre Hermé. C’est un livre ultra-technique ! Quand j’ai réussi à faire des vrais bons croissants dans la chaleur et l’humidité de Bali, j’ai su que j’avais franchi une étape. Huit mois plus tard, à mon retour en France, j’ai décroché le C.A.P. et je suis venue m’installer à Lyon pour travailler ma technique chez des pâtissiers. Et là, coup du sort, j’ai un accident de moto ! Les médecins m’annoncent que je ne pourrais plus travailler debout…

Et pourtant, trois ans plus tard, Élodie D. est devenue chocolatière !

Ils se trompaient ! Et ça m’a permis de rencontrer l’art du chocolat.

Comment c’est arrivé ?

Pendant les deux ans d’arrêt après l’accident, j’ai profité d’être chez moi pour élaborer des recettes de pâtisserie sans gluten et commencer à travailler le chocolat.  Je pouvais m’asseoir quand j’avais besoin, je respectais mon rythme.  J’étais encore une fois autodidacte et mes créations plaisaient. J’ai créé mes mélanges, enrobé à la fourchette ; j’ai même fabriqué mes propres boîtes pour  proposer de belles présentations à mon entourage. Dès que j’ai pu reprendre une activité, je suis allée me perfectionner chez Frédéric Dujarrier. C’était un des rares chocolatiers-pâtissiers bio de Lyon. Auprès de lui, j’ai appris suffisamment de technique pour me lancer seule. En 2015, j’ai créé Élodie D. Chocolats.